Régis Juanico

Député de la Loire

Contrats aidés et vie associative : le « mur » idéologique du Gouvernement

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’Assemblée nationale a examiné le budget consacré à l’emploi, et notamment les crédits alloués aux contrats aidés.

En plein cœur de l’été, le Gouvernement a en effet décidé de supprimer près de 120 000 contrats aidés dès la fin de l’année 2017, et de n’en financer que  200 000 en 2018, contre 460 000 en 2016. Cette décision est brutale et idéologique. Au motif que les bénéficiaires occuperaient de « faux emplois », le Gouvernement va en faire de vrais chômeurs, opposant la nécessaire formation des chômeurs aux emplois aidés dans les outils de retour à l’emploi.

Les députés socialiste du groupe « Nouvelle Gauche » ont ainsi déposé un amendement au budget 2018 qui permettait de créer 230 000 contrats aidés supplémentaires dans le secteur non-marchand (associations dont clubs sportifs, structures de l’éducation populaire tels que les Centres sociaux et les Amicales laïques, associations culturelles, etc.) et qui abondait de 25 millions d’euros le budget des Missions locales pour qu’elles puissent assurer un accompagnement des Emplois d’avenir en cours.

Nous avons par ailleurs proposé de  rétablir, via un second amendement, la possibilité d’un taux de prise en charge par l’Etat des contrats aidés jusqu’à 75%. En effet, le taux de prise en charge par l’État chute de 20 points à partir de 2018, passant en moyenne de 72,5 % à 50 %. Ainsi, la prise en charge d’un CUI-CAE par l’État s’élèvera à 369,20 € par mois en 2018, contre 521,60 € par mois en 2017, soit une baisse d’environ 30 %.

Cette double baisse, baisse du nombre de contrats couplée à une baisse du taux moyen de prise en charge, aura de graves conséquences non seulement sur l’activité mais aussi sur la pérennité même de certaines structures associatives. Déjà, à Saint-Etienne, certaines d’entre elles ont tiré la sonnette d’alarme.

Soutenus par l’ensemble de la gauche (groupes Communiste et de la France Insoumise) et une partie des Républicains, ces deux amendements se sont heurtés au mur idéologique et dogmatique de la Ministre du Travail, Muriel PÉNICAUD.

Retrouvez en vidéo mes deux interventions pour défendre ces amendements :

  • Sur la réalité budgétaire du financement des contrats aidés

  • Sur la situation des petites associations employeuses

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