Décès de Lucien Neuwirth : la Loire à nouveau endeuillée

Quelques semaines après le décès de Théo Vial-Massat, notre Département vient de perdre une autre de ses grandes personnalités politiques.

Lucien Neuwirth, figure du Gaullisme, ancien Député stéphanois de 1958 à 1981 et questeur de l’Assemblée nationale, ancien Sénateur de la Loire de 1983 à 2001 et Président du Conseil général après Antoine Pinay, de 1979 1994, est décédé la nuit dernière, à l’âge de 89 ans.

Entré en Résistance très jeune, au sein du groupe « Espoir », avant de s’engager dans les Forces Françaises Libres, il échappa de peu à la mort lors de la libération de la France, après avoir été fait prisonnier. Son engagement s’est tout naturellement prolongé dans la vie politique au sein de la famille gaulliste.

Lucien Neuwirth était un très grand parlementaire à qui notre pays doit notamment la loi de 1967 légalisant la contraception, ce qui lui a valu le surnom de « père la pilule ». C’est en effet à l’issue d’une longue bataille de persuasion et de conviction qu’il parviendra à faire adopter au Parlement, initialement contre son propre camp politique, cette loi fondamentale qui a contribué, en autorisant pour la première fois l’usage libre des contraceptifs, à l’évolution de notre société et de ses mœurs.

C’est au sein du Conseil Municipal de Saint-Etienne que Lucien Neuwirth s’est forgé la conviction de la nécessité d’abroger la loi de 1920 qui interdisait l’utilisation des moyens de contraception. Elu Député en 1958, il se rapproche alors des associations et des rares personnalités menant ce combat. Faisant fi des critiques de son propre camp, des menaces et des injures, il dépose en mai 1965 sa proposition de loi, avec l’accord tacite du Général De Gaulle, à qui Neuwirth aurait déclaré : « Vous avez donné le droit de vote aux femmes. Donnez-leur maintenant le droit de maîtriser leur fécondité. »

Plus tard, il fut nommé rapporteur du projet de loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse, qu’il défendit avec brio dans un climat hostile qui ne lui faisait désormais plus peur. En tant que Sénateur, il a également contribué à l’évolution législative autour de la question des soins palliatifs

A sa famille et son épouse, Sophie Huet, Présidente de l’Association des journalistes parlementaires, j’adresse mes plus sincères condoléances.

Régis JUANICO

Député de la Loire

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