Régis Juanico

Député de la Loire

« Règle d’or » : ma réponse au courrier de Nicolas Sarkozy aux parlementaires

Monsieur le Président de la République,
En matière de gabegie des finances publiques, on peut dire que vous parlez « d’or », vous êtes même devenu un « expert » ! Vous êtes en effet, depuis votre élection, le champion toutes catégories des déficits publics, de la dette et du « laxisme » budgétaire.
Le déficit public s’est établi à 7,1% du PIB en 2010 : un record ! Pire, au 1er trimestre 2011, le déficit s’établit à 44 Mds d’euros contre 38 l’an dernier à la même époque… Vous vous êtes fixé pour objectif 4,6% du PIB en 2012, soit très au-dessus des 3% du Pacte de stabilité…
La dette depuis 2002 que la droite est au pouvoir a doublé : de 900 à 1800 Mds €. Elle atteint aujourd’hui 84,5% du PIB contre un peu plus de 60% quand vous avez été élu Président. Et vous osez vous érigez en modèle de vertu !
Faut-il vous rappeler qu’entre 1997 et 2002, sous le gouvernement Jospin, la dette, les déficits des budgets de l’Etat et des comptes sociaux ont reculés ? Nous n’avons aucunes leçons à recevoir de votre part.
Votre majorité a systématiquement contribué à creuser les déficits et a méticuleusement vidé les caisses de l’Etat avec la multiplication des cadeaux fiscaux aux plus riches (30 Mds de niches fiscales supplémentaires depuis 2002). Ainsi, au moment même où vous nous invitez au respect des équilibres budgétaires, vous baissez de manière irresponsable et injuste de 2 milliards l’Impôt sur les Grandes Fortunes  au bénéfice des plus aisés des Français. 300 000 ménages dont le revenu se situe entre 750 000 et 1,3 millions d’euros en seront désormais éxonérés.
Selon la Cour des comptes, sur les 150 milliards d’euros de déficit de l’année dernière, 50 sont imputables à la crise et 100 à votre politique menée tout particulièrement ces cinq dernières années.
J’ajoute que l’une de vos premières décisions a consisté à vous faire octroyer par la majorité parlementaire une augmentation de 170% de votre indemnité de Président, les Français pendant ce temp se voit appliquer la règle de « plomb » de l’austérité : baisse du pouvoir d’achat (-0,2% en 2010), gel des salaires dans la Fonction Publique et du SMIC, hausse des prix des matières premières (denrées alimentaires, essence, électricité, gaz…) et des loyers.
Tout comme mes collègues parlementaires socialistes, je ne voterai pas cette fausse « règle d’Or ».
Par contre, nous continuerons à nous adresser aux Français, comme nous l’avons fait pendant quatre ans dans les débats à l’Assemblée Nationale pour leur proposer une véritable réforme fiscale, pour plus de justice et d’efficacité au service de l’investissement et de l’emploi : une fiscalité sur le revenu juste et vraiment progressive, la suppression des nombreuses niches fiscales , l’alignement de la fiscalité des revenus du patrimoine sur celle des salaires, une plus grande progressivité de l’ISF, la réorientation du crédit impôt recherche, la modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction du réinvestissement des bénéfices dans l’outil productif.
Nous nous sommes engagés dans le Projet Socialiste à affecter la moitié des marges de manœuvres financières au désendettement : pourquoi n’avez-vous jamais mis en pratique cette règle depuis que vous êtes en responsabilité ?
S’il y a bien une personne totalement disqualifiée pour évoquer la maîtrise des comptes publics aujourd’hui : c’est bien vous !
Le redressement de la France ne viendra pas d’un changement de Constitution, mais d’un changement de majorité en 2012 ! Les Français en seront les seuls juges l’an prochain.
Régis JUANICO
Député de la Loire

2 commentaires

  1. par Jean Louis SAILLANT - 27 juillet 2011 à 21:49

    L’article est suffisament clair pour que je n’ai rien à y ajouter. Il permettra au Front de Gauche et au Parti Communiste Français de ne pas se tromper d’adversaires.

  2. par carnot - 28 juillet 2011 à 19:08

    Je pense qu’exceptés les bénis oui-oui de droite les Français sont d’accord avec l’argumentation que tu développes .
    Bravo pour tout ton travail .
    Pierre Carnot

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