Discours lors de la Fête de la Rose du PS Loire

Mes chers amis,

Mes chers camarades,

Cette fête la Rose intervient dans un climat de gravité et de tensions, comme rarement notre pays en a connu. Quand je parle de tensions, je ne pense pas au 100e derby entre l’ASSE et l’OL ce soir…

Notre fête de la Rose a lieu deux jours après une nouvelle mobilisation record sur les retraites. 3 millions de Français dans la rue, 43 000 dans la Loire, pour rejeter un plan gouvernemental sur les retraites qui concentrent toutes les inégalités et les injustices qui sont la marque de fabrique de ce pouvoir.

Avec les retraites, et après le démantèlement des 35 heures, du code du travail, des Services Publics comme La Poste ou l’Hôpital, Sarkozy s’attaque au cœur du pacte social et républicain.

Nous l’avons démontré lors de la discussion à l’Assemblée, la droite, veut imposer à tout prix ses mesures d’âge au nom d’une approche comptable pour donner des gages aux marchés financiers. Le relèvement de l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans, supprimant un acquis social historique et le relèvement de l’âge de départ en retraite sans décôte de 65 à 67 ans, sont des mesures qui vont durement pénaliser les plus modestes, les petites pensions, les travailleurs précaires, les ouvriers qui ont commencé à travailler tôt, les femmes aux carrières incomplètes, les jeunes qui voient l’horizon de la retraite s’éloigner encore.

C’est un texte de loi qui en ne traitant pas la pénibilité au travail ignore une des plus grandes injustices sociales : l’inégalité devant l’espérance de vie en bonne santé : un écart qui est de 10 années entre un ouvrier et un cadre supérieur.

Face à une opposition résolue des Français, 2 Français sur 3 sont opposés au Projet de Loi, ce pouvoir a choisi l’intransigeance et le passage en force, il parie sur l’abattement et la résignation de nos concitoyens. Rendez-vous les 2 et le 12 octobre. Jusqu’au dernier moment, il est possible de faire plier le gouvernement. Le combat que nous menons aujourd’hui est un combat vital, un combat fondateur pour la mère de toutes les batailles électorales, l’élection présidentielle et avant nous donnerons rendez-vous aux Français dès mars 2011 pour les cantonales, où nous affichons très clairement notre objectif dans la Loire : gagner le Conseil général et battre la droite départementale en place depuis 65 ans.

Notre fête de la Rose se tient alors que la crise économique et sociale continue de frapper durement dans notre pays, comme en témoigne la hausse du chômage le mois dernier, la pauvreté et la précarité qui progresse partout. Notre département qui est une terre industrielle paye un lourd tribut à cette crise avec 3500 licenciements économiques en deux ans, en particulier ici dans la vallée du Gier, et ce n’est pas évidemment pas un hasard si nous avons choisi Saint-Chamond pour accueillir notre rassemblement aujourd’hui.

Le sentiment de révolte n’a jamais été aussi fort dans le pays car l’injustice guide les décisions de ce gouvernement dans sa politique économique, sociale et fiscale.

Nos concitoyens ont été particulièrement choqués par le chèque de 30 millions d’euros encaissé par Mme Bettencourt au titre du bouclier fiscal.

Nous venons d’apprendre que ce dispositif du bouclier fiscal avait coûté 680 millions d’euros à l’Etat pour l’année 2009 : 1200 contribuables parmi les plus fortunés ont touchés un chèque supérieur en moyenne à 360 000 euros.

De tels privilèges pour les ménages les plus riches apparaissent insupportables, indécents dans un contexte d’austérité et de rigueur sans précédent

– au moment où le gouvernement demande aux Français de se serrer la ceinture avec son plan sur les retraites dont le financement repose à 92% sur les seuls salariés,

– au moment où le pouvoir d’achat des Français régresse avec toute une série de hausses des prix des matières premières et de l’énergie, l’annonce de l’augmentation de la TVA sur l’offre triple-play, la baisse des crédits pour l’emploi et le logement social

– au moment où le gouvernement demande des efforts supplémentaires aux assurés sociaux pour la prise en charge de leurs soins (2,5 Mds €) alors que de plus en plus de Français renoncent faute de moyens à se soigner

– au moment où François Fillon confirme la fin de l’avantage fiscal pour les jeunes couples mariés ou Pacsés de l’année, au moment crucial où ces jeunes ménages s’installent dans la vie et ont besoin d’un coup de pouce financier.

A chaque fois ce sont le Français modestes, les classes populaires et les classes moyennes qui sont pénalisées.

Aujourd’hui, le moment est grave car notre République est abimée. Elle est abimée par un chef de l’Etat qui dégrade chaque jour un peu plus la fonction présidentielle et se comporte comme un chef de clan.

Nous avons avec Nicolas Sarkozy un condensé de Margaret Thatcher et de Silvio Berlusconi : le populisme, la concentration des pouvoirs politiques, économiques et financiers entre les mêmes mains des amis, une politique de classe sur le plan social dont l’objet est de punir les classes populaires, les ouvriers et les employés.

Servir la France pour Nicolas Sarkozy, c’est d’abord servir la France du 1er Cercle, celle du Fouquet’s et du Bristol, des grands donateurs de l’UMP comme Mme Bettencourt ou M. Wildenstein. Le président et ses ministres confondent l’intérêt général et l’intérêt de l’UMP. La collusion du pouvoir avec les grandes fortunes n’a jamais été aussi forte. Nous assistons à une crise morale et politique dont M. Woerth est devenu le symbole.

Pour préserver cette aristocratie de l’argent, le président des « riches », comme l’a toujours fait la droite quand elle est en difficulté préfèrent diviser les Français, les opposer les uns aux autres, en désignant des bouc-émissaires : les immigrés, les Français d’origine étrangère, relégués au statut de citoyens de seconde zone, et les Roms, victimes d’une circulaire abjecte signée par M. Hortefeux avec la complicité active de M. Besson. Le même qui défendra la semaine prochaine un texte liberticide qui durcit encore les conditions d’entrée et de séjour des étrangers sur notre sol.

Les violations de droits fondamentaux, en particulier l’article 1 de la Constitution qui garantit l’égalité de tous devant la loi valent à la France condamnation de l’ONU et de l’Union Européenne.

La République abimée, c’est l’affaiblissement méthodique des contre-pouvoirs démocratiques

La justice sous contrôle est instrumentalisée, son indépendance attaquée

La liberté de la presse est malmenée par l’utilisation des services secrets

Le parlement est domestiqué et méprisé avec des députés de l’opposition réduits au silence par un Président de l’Assemblée Nationale autoritaire

Les collectivités territoriales sont méthodiquement asphyxiées sur le plan financier

Alors que l’UMP s’écharpe sur fond de rivalités entre Messieurs Bertrand et Copé, ce climat de gravité,  nous impose des devoirs :

– un devoir de rassemblement des socialistes. Depuis l’an dernier, nous avons énormément progressé dans l’unité de la famille socialiste

– un devoir de rassemblement de toute la gauche politique -je sais que Benoit y travaille ardemment- mais aussi de la gauche syndicale et du mouvement social, sans qui, demain, nous ne pourrons pas construire de changement politique durable

– un devoir de propositions pour que notre parti et ses partenaires à travers un programme commun incarnent une véritable alternative politique à Nicolas Sarkozy.

Nous devons remettre la République à l’endroit et susciter l’espoir. Face à une droite dure, notre pays a besoin d’une gauche décomplexée qui concilie volontarisme et crédibilité, une gauche à l’offensive, combative.

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