Régis Juanico

Député de la Loire

La Sécu sacrifiée

Le vote solennel sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2008 avait lieu mardi 30 octobre. Les parlementaires UMP qui avaient désertés l’hémicycle vendredi au moment de la discussion sur les franchises médicales, qui sont ni plus, ni moins, qu’une taxe sur les malades ont été obligé d’approuver publiquement les choix injustes et inefficaces du PLFSS lors de ce vote.

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Voici l’explication de vote de notre groupe en faveur du non : « Jamais un PLFSS n’aura été aussi peu porteur d’avenir. Nous en sommes convaincus, il ne se passera que quelques mois avant que l’Assemblée nationale soit appelée à voter de nouvelles mesures drastiques.

Ce projet de loi est injuste et insuffisant. Les promesses de la campagne électorale ont été vite oubliées, telle l’allocation au premier enfant ou l’engagement – ahurissant et démagogique – d’augmenter de 25 % le minimum vieillesse : le PLFSS prévoit seulement une hausse de 1,1 % des retraites, inférieure à l’inflation.

Le texte témoigne aussi de l’incapacité de cette majorité à résoudre une double crise. La crise financière est connue et répétitive. C’est le sixième budget consécutif qui reporte, de façon immorale et insupportable, le déficit sur les générations futures. Ces 10 milliards reportés représentent deux points de cotisation solidarité ! La dette accumulée par cette majorité excède 50 milliards. Tels une entreprise au bord du dépôt de bilan, vous en êtes réduits à cacher vos dettes dans les déficits de trésorerie. Aujourd’hui, le découvert atteint 35 milliards, un niveau tel que vous serez obligés – après les élections municipales s’entend – d’augmenter la CRDS et de taxer tous les revenus pour solder vos dettes !

La crise sanitaire, quant à elle, prend de l’ampleur. L’accès aux soins est menacé par la désertification médicale, qui gagne de nouveaux terrains, par la multiplication des dépassements d’honoraires, et même, en ce qui concerne les bénéficiaires de la CMU, par le refus de certains praticiens de les admettre en consultation. À la sélection « géographique » s’ajoute donc la sélection par l’argent. En outre, l’application de la T2A aux hôpitaux, qu’ils soient de proximité ou d’excellence, les plonge dans une situation difficile.

Vous n’avez trouvé qu’une solution à ces problèmes : les franchises. Avec ces taxes, qui frappent déjà nos concitoyens, vous avez inoculé à la sécurité sociale un virus contre la solidarité ! Notre système de santé, désemparé, est aujourd’hui la proie des fonds de pension, qui viennent profiter des taux de rentabilité exceptionnels des cliniques privées ou des laboratoires. Par votre incurie et votre inaction, vous laissez se détruire notre système de santé – que vous taxez de « meilleur du monde » pour le mettre à la remorque du profit ! »

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