Régis Juanico

Député de La Loire

Gueule de bois…

Le réveil est douloureux ce matin. Le peuple a parlé. Son verdict est net et implacable. Nous sommes entrés de plain-pied en Sarkozye. La déception est énorme à la hauteur des espoirs suscités par la candidature de Ségolène Royal pour des millions de Français et en particulier les jeunes.

Je suis déçu par le résultat. D’abord par l’ampleur assez inatendu de la défaite , on s’attendait à un résultat plus serré. C’est le plus haut score obtenu par un candidat de droite depuis 1965. Ségolène Royal réalise un score comparable à Lionel Jospin en 1995, dans un contexte autrement plus difficile, à l’époque, pour les forces de gauche.

Je suis inquiet. Pendant cette campagne, Nicolas Sarkozy par sa démagogie, ses mensonges (notamment le fameux « travailler plus pour gagner plus ») a beaucoup (trop ?) promis. Il a crée de faux espoirs chez nombre de nos concitoyens. Tout le monde le sait, il n’aura pas, comme chef de l’Etat les moyens (en particulier les finances) de tenir les innombrables promesses faites. Si les résulats dont la culture est le grand leitmotiv du nouveau Président de la République, ne sont pas au rendez-vous, la déception, les désillussions risquent d’intervenir rapidement.

Je suis inquiet car loin d’apaiser les crises (politique, démocratique, économique et social) dont souffrent notre pays, Nicolas Sarkozy risquent de les aggraver s’ils attisent comme il l’a fait tout au long de la campagne les divisions, les conflits, s’ils aiguisent les méfiances et dressent les Français les uns contre les autres.

Je suis surtout inquiet pour nos compatriotes les plus modestes car le programme que va appliquer Nicolas Sarkozy menace directement le pacte social et républicain. C’est eux qui, les premiers, vont trinquer avec l’affaiblissement des Services Publics (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite), les franchises annuelles pour les soins, le contrat unique de travail qui va généraliser la précarité.

Depuis que je suis en âge de voter, je n’ai connu que des défaites (trois consécutives) aux élections présidentielles. La gauche est-elle condamnée à n’emporter que les élections intermédiaires ou locales ? L’occasion se présente avec les élections législatives de faire mentir cette fatalité et de faire élire partout en France un maximum de députés socialistes capables à l’Assemblée Nationale de défendre les Français face aux projets de régression sociale et à la concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un même clan. C’est l’engagement que je prend devant les électeurs de la 1ère circonscription, en démarrant cette nouvelle campagne.

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