Régis Juanico

Député de La Loire

Six mois après le retrait du CPE : quelles leçons pour le projet des socialistes en 2007 ?

medium_manif7mars_05.2.jpg    Nous avons tous en mémoire le formidable mouvement de mobilisation des jeunes et des salariés du printemps dernier qui a mis en échec le projet d’un Contrat Première Embauche, énième avatar des libéraux en vue de « thatchériser » la société française.

    Six mois se sont écoulés et nous sommes toujours partagé entre espoir et gravité. Espoir, car la jeunesse et tout le mouvement social ont montré leur disponibilité pour le combat collectif et pour la solidarité plutôt que pour le repli sur les trajectoires individuelles ou corporatistes.

    Mais gravité aussi parce qu’on mesure, presque un an après les émeutes urbaines de l’automne 2005, combien la violence de la politique gouvernementale a créé des tentions dans la société. Gravité parce que, même si cette fois-ci le combat collectif et la solidarité ont prévalu, nous voyons combien cette société peut être tenté par les dérives autoritaires si aucun débouché politique n’est donné demain à ses aspirations et à ses revendications.
    Le Parti Socialiste, dans son projet a souhaité donner un débouché concret au « droit à l’avenir » formulée par les jeunes lors du mouvement anti-CPE à travers des propositions comme l’allocation autonomie et d’entrée dans la vie active.
    Gravité encore, car la gauche, en 2007, devra reconstruire sur un « champs de ruine » démocratique, économique et sociale après cinq ans de purges libérales. La demande sociale est si élevée que nous devrons être outillé demain pour préparer une véritable alternative économique, sociale et démocratique à la droite.

    Que démontre le mouvement contre le CPE si ce n’est la nécessité d’une refondation de nos institutions actuelles et la recherche d’un nouvel ordre public social. Que suppose pour les socialistes de répondre réellement à cette demande ?
    Cela suppose de promouvoir un nouveau partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail qui permette de financer de nouvelles marges de manœuvres budgétaires, qui soutienne la croissance et l’emploi par la hausse des salaires et qui garantissent la pérennité du financement de nos système sociaux.
    Cela suppose parallèlement, alors que la France est dirigée depuis cinq ans par ordonnance quand ce n’est pas par aboiement, de défendre une nouvelle règle du jeu démocratique fondée sur l’enracinement de la négociation sociale au cœur d’une nouvelle République parlementaire.

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