Régis Juanico

Député de la Loire

Mon intervention sur les contrats aidés dans l’éducation nationale et les effectifs d’enseignants d’EPS

Ce mardi 16 janvier, je suis intervenu en séance de Contrôle, tard dans nuit, pour questionner le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer sur les contrats aidés qui aident les directeurs d’écoles dans la gestion des tâches administratives. J’ai aussi interrogé le Ministre sur les effectifs des enseignants d’éducation physique et sportive pour faire du sport une priorité.

Le détail de mon intervention

Monsieur le président, monsieur le Ministre nous échangeons ce soir dans le cadre d’une séance de contrôle. Ma première question est un droit de suite sur le recrutement des contrats aidés dans l’éducation nationale. Le 3 octobre dernier, je vous ai interrogé dans le cadre de votre audition sur la rentrée scolaire, devant la Commission des Affaires Culturelles et de l’Education sur le non-renouvellement au 1er Janvier 2018 des contrats aidés assistants les directeurs d’écoles dans leurs fonctions administratives.

Monsieur le ministre, vous m’avez répondu avoir demandé aux préfets et aux directeurs académiques d’avoir une approche au cas par cas pour ne pas créer de situations impossibles. Je prends à témoin mes collègues députés encore présents dans cette hémicycle, ils sont peu nombreux mais ils sont là courageux. Cette approche au cas par cas n’a pas eu lieu et c’est la totalité des emplois aidés qui n’ont pas été renouvelés créant des difficultés importantes pour les directeurs d’écoles dans l’exercice de leurs missions, que comptez vous faire pour eux ?

Ma seconde question porte sur les effectifs d’enseignants d’éducation physique et sportive. Alors que 2 000 places supplémentaires vont être créées en sciences et techniques des activités physiques et sportives, les STAPS, une filière en tension, vous annoncez pour 2018 une diminution de 170 au CAPEPS externe, concours de recrutement des professeurs d’EPS. Soit une baisse de 20% alors que le nombre de candidats inscrits au concours, plus de 5 000 est lui en augmentation. On voudrait dissuader des vocations, on ne s’y prendrait pas autrement. C’est un signal extrêmement négatif au moment même où vous vous êtes engagé monsieur le Ministre à accroître la place du sport dans les établissements scolaires avant, pendant et après les jeux olympiques et paralympiques de 2024 dont la France vient d’obtenir l’organisation.

Vous avez annoncé lors des journées nationales du sport scolaire en septembre dernier un plan génération 2024 avec la création de 1 000 sections sportives scolaires supplémentaires en plus des 3 000 existantes. Pouvez-vous nous indiquer le calendrier de déploiement de ces sections sportives et si les premières pourront être créées dès la rentrée 2018 ? Vous avez annoncé la création d’une filière des métiers du sport au lycée. Là aussi pouvez-vous nous indiquer un calendrier de mise en place monsieur le Ministre ?

La réponse du Ministre

Mesdames et messieurs, monsieur le Président, mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Régis Juanico merci pour cette question qui en fait en comporte beaucoup et ça ne vas pas être facile de vous répondre en 2 minutes.

D’abord sur la question de l’aide administrative aux directeurs d’écoles. Comme vous le savez, cela renvoie à la politique générale sur les contrats aidés qui est une politique que l’on peut qualifier de courageuse. J’étais encore aujourd’hui amené à m’exprimer sur ce point parce que le gouvernement à fait le choix que je ne vous rappellerait pas ce soir vous les connaissez très bien, qui est de changer de politique de l’emploi et d’éviter que nous ayons cette politique de contrats aidés. Une politique qui était vecteur de précarité et des fonctions qui pourraient être assumées d’une autre manière dans notre système.

S’agissant de l’accueil des élèves en situation de handicap avec progressivement plus de contrats robustes et moins de contrats aidés. A la rentrée dernière, nous avions  autant de contrats aidés que la rentrée précédente pour l’accueil des élèves en situation de handicap. Pour l’aide aux directeurs d’écoles, il est exact qu’il y a eu moins de contrats aidés cette année que l’année précédente, néanmoins ce que je vous avais dit en octobre s’est vérifié, c’est-à-dire qu’il y a encore de l’aide aux directeurs d’écoles dans un certain nombre de cas. Moins qu’auparavant mais aussi bien les préfets que les inspecteurs d’académie ont fait des efforts particuliers, c’est par exemple le cas outre-mer, c’est le cas aussi dans un certain nombre de départements.

Nous y avons veillé mais ceci nous invite, c’est vrai à une réflexion sur l’aide administrative aux directeurs d’écoles, peut-être par d’autres biais aussi que les contrats aidés. Sur la question du sport, merci de l’évoquer parce-que c’est un point très important. Le sport est en effet une priorité dans la perspective des jeux olympiques et paralympiques de 2024 mais plus généralement parce-que les enjeux de santé, d’épanouissement qui sont derrière sont très importants.

Oui nous avons cet objectif de création de 1000 sections sportives supplémentaires, c’est un objectif ambitieux, bien entendu nous allons nous en donner les moyens humains. La question des concours ne doit pas être vue de façon schématique et simpliste de ce point de vue là parce que il faut prendre la question en particulier des départs à la retraite qui justifie ce que vous avez pu dire sur la question des concours et bien entendu, nous aurons cette politique ambitieuse que j’ai affiché qui sera au service du sport dans notre pays.

> Une pétition sur Change.org :

La réponse du ministre ne m’ayant ni convaincu, ni rassuré, j’ai apporté mon soutien aux étudiants en STAPS en signant leur pétition sur Change.org :

Nous sommes étudiants du Master des Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation (MEEF), et passons le CAPEPS. C’est à dire le concours pour devenir des enseignants d’EPS. Soutenus par L’ANESTAPS.

Dans le cadre de son plan de diminution du nombre de fonctionnaires, le Président Macron ampute le CAPEPS pour le secteur public de 170 places (de 800 à 630) et de 22 places pour le secteur privé (de 100 à 78). Cette mesure n’est pas compréhensible…

En effet, en temps que futurs enseignants, nous ne pouvons que plébisciter la mesure « CP à 12 », en effet celle-ci pourra ainsi renforcer les acquis initiaux des élèves que sont lire, écrire et compter. Néanmoins qu’en est-il de la motricité des élèves et leur pratique physique ? En effet pourquoi diminuer ainsi le nombre de places au CAPEPS ? Le président Macron désire diminuer le nombre de fonctionnaires, et cela dans une période où le chômage continue de grimper, où l’école va mal, ce plan social est-il vraiment nécessaire ?

Cette décision n’est pas acceptable et incompréhensible. L’année dernière les postes en EPS n’étaient pas tous couverts, nécessitant l’emploi d’environs 1000 contractuels.Cette baisse importante du nombre de places au CAPEPS ne s’explique donc pas, contrairement aux annonces du ministre pour justifier ses mesures.

De plus la France se réjouit de rayonner à l’internationale sur le plan sportif, en atteste sa réussite pour l’organisation des JO de Paris 2024, mais également l’Euro féminin de Handball 2018, le Championnat du monde de Football féminin 2019, le Mondial de Rugby 2023 pour ne citer que ceux-ci. Cela place la France face à des responsabilités politiques en matière sportive, alors comment comprendre cette attaque envers l’EPS qui est la seule discipline mettant en jeu les corps des élèves et leur apportant une pratique physique ?

Le sport scolaire, encadré par les enseignants d’EPS est aussi un acteur majeur dans la promotion et le développement du sport en France, plébiscité par de nombreux sportifs renommés.

Au delà de cette vision du sport scolaire, il semble important de rappeler que l’EPS est pour une partie de la population défavorisée le seul moyen d’accès à une pratique physique régulière. Que le manque d’activité physique chez les jeunes de 11 à 17 ans est en plein essor au profit d’une hausse de la sédentarité due à l’accès et à l’augmentation du temps passé devant les écrans. La pratique physique des cours d’EPS permet ainsi aux jeunes d’entretenir leur santé. Pourquoi aller à l’encontre de cette dimension alors que la pratique physique coûte moins chère que des soins chez les médecins ? En atteste la campagne récente et en essor de l’Assurance Maladie pour la prescription du sport par le corps médical pour lutter contre les problèmes de dos ….

Enfin, alors que nous sommes en pleine période de scandales liés notamment aux harcèlements et aux comportements sexistes. Le président Macron fait de la mixité et de la lutte contre les comportements sexistes un cheval de bataille pour les prochaines années, notamment au sein de l’éducation. L’EPS qui met en pratique les corps des élèves aux travers des différentes APS, a un rôle important dans cette lutte contre le harcèlement et l’acceptation de l’autre avec ses différences et ses caractéristiques. Mais aussi dans l’éducation au vivre ensemble et à la citoyenneté.

C’est pourquoi les mesures prises à l’encontre de l’EPS ne sont pas compréhensibles, car elles sont en décalage important avec les volontés affichées des politiques publiques. Il semble nécessaire de remettre le nombre de places disponibles au concours d’enseignement de l’EPS à son niveau précédent, voir de le rehausser pour palier à la hausse démographique annoncée (+20 000 élèves dans le second degré, pour la rentrée 2018).

Soutenez et partagez cette pétition pour que l’EPS reste une matière forte de notre système éducatif, il en va de la santé, du développement physique, moral et citoyen de la jeunesse française !

 

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