Discours d’Harlem Désir, 1er Secrétaire du Parti Socialiste, au Congrès de Toulouse

Chers amis, chers camarades,

Je veux d’abord vous dire mon plaisir que nous ayons tenu notre congrès ici à Toulouse.

Je faisais remarquer, il y a quelques semaines ici-même, que les congrès socialistes à Toulouse c’est un peu comme les boucliers de Brennus pour le Stade Toulousain, c’est presque une habitude ! Toulouse a été la capitale du mouvement socialiste en 1908, 1928, 1934, 1957, 1985 et maintenant 2012. Et bien je souhaite vous dire au nom de tous les camarades que c’est toujours un plaisir de revenir ici, à Toulouse, aux sources du socialisme !

Car pour nous socialistes, Toulouse en effet n’est pas une ville comme les autres : c’est ici que s’achèvent les grandes campagnes et que commencent les belles victoires. C’est ici que François Hollande, comme François Mitterrand avant lui, a achevé sa campagne présidentielle.

Il est donc naturel que nous nous soyons donné rendez-vous ici à Toulouse pour célébrer une belle victoire pour les socialistes et surtout une belle victoire pour la France. Cette victoire a été celle de l’unité des socialistes, comme ce congrès est celui de l’unité des socialistes.

Et je veux vous demander de saluer chaleureusement deux artisans de notre unité, qui sont toujours au premier rang lorsqu’il s’agit de servir l’intérêt général : notre Premier Ministre Jean-Marc Ayrault et la Première secrétaire à laquelle j’ai l’honneur de succéder, Martine Aubry. Merci à vous !

Merci aussi à Emmanuel Maurel qui a fait vivre la diversité et la liberté de nos débats dans ce congrès, comme aux camarades des autres motions.

Et merci aux militants du parti socialiste qui m’ont accordé leur confiance, je l’accueille avec humilité. Je dois vous dire que je n’éprouve jamais autant de fierté que lorsque je vois les Socialistes totalement unis au service de la France. Et je n’éprouve jamais autant de bonheur que lorsque nous partageons cette camaraderie, cette fraternité militante forgée dans les épreuves comme dans les conquêtes.

Cet esprit collectif, cette tradition de solidarité et de partage, les Socialistes du Sud-Ouest lui ont toujours fait honneur et la perpétuent aujourd’hui en accueillant notre congrès ici, à Toulouse.

Je veux remercier et vous demande de saluer comme ils le méritent les militants et les permanents de la fédération de Haute Garonne et des fédérations de Midi-Pyrénées, mais aussi les permanents du siège national et de toute la France, qui sont la cheville ouvrière de toutes nos actions et de tous nos combats.

Merci aussi à ceux qui répondent toujours présents et dont l’énergie sans limite est communicative : merci aux Jeunes socialistes et à leur président Thierry Marchal-Beck ! Merci enfin à ceux qui nous honorent de leur présence et qui viennent parfois de loin, salut à vous camarades des délégations étrangères !

Pour repartir vers de nouveaux horizons après les formidables victoires de mai et de juin, il nous fallait revenir à Toulouse, car Toulouse n’est pas seulement le berceau du socialisme, elle est la source de notre réformisme ancré à gauche.

Ici est né le socialisme du réel, le socialisme de Jaurès, qui savait que c’est à la Chambre des députés qu’il représenterait le mieux les mineurs de Carmaux. Le socialisme de Vincent Auriol, notre premier président socialiste de la République. Le socialisme de Lionel Jospin, ce pacte entre l’efficacité économique et la justice sociale. Ici, c’est le socialisme concret que Pierre Cohen, Martin Malvy, Pierre Izard, Kader Arif font plus que jamais vivre aujourd’hui !

C’est sous le signe de ce socialisme du réel, au service des Français, que je veux placer notre congrès et notre action. Hier première force de l’opposition, aujourd’hui première force de la majorité, nous sommes entrés dans le temps exigeant et exaltant des responsabilités.

Le changement est en marche, il est concret, et je veux le dire solennellement en votre nom, le Parti socialiste est fier de ce qui a déjà été accompli en six mois et des engagements tenus par le Gouvernement :

–       la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler très jeunes

–       les 150 000 emplois d’avenir

–       les classes ré-ouvertes à la rentrée et 40 000 postes créés dès l’année prochaine dans l’Education nationale

–       la revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire

–       le blocage des loyers

–       l’augmentation du Smic

–       une nouvelle justice fiscale, qui taxe les revenus du capital au même niveau que ceux du travail

–       un budget de combat contre l’endettement abyssal dont nous avons hérité

–       le soutien à l’emploi et aux PME, avec la création de la Banque publique d’investissement

–       la réduction du train de vie de l’État, avec, pour commencer, la baisse du traitement du Président et des ministres

–       le refus des gaz de schistes

–       le remboursement à 100 % de l’IVG pour toutes les femmes

–       le retrait de nos troupes d’Afghanistan.

La liste est longue et elle va s’allonger dans les semaines qui viennent.

Notre détermination gêne nos adversaires. Eh bien il faut qu’ils le sachent, oui, nous nous battrons pour l’application des 60 engagements du Président de la République, parce que c’est le choix des Français, parce que c’est notre devoir et parce que c’est notre responsabilité vis-à-vis des Français.

Et je le dis nous nous battrons avec détermination, nous nous battrons pour tout, même s’il nous faut convaincre encore et encore face à une droite qui ment encore et toujours !

Car comme toujours la gauche au pouvoir est confrontée à des forces qui refusent le changement, à des intérêts puissants qui, faute d’avoir pu empêcher l’alternance, tentent aujourd’hui de l’entraver.

Oui, il y a dans notre pays un nouveau Mur du privilège et de la rente, comme l’on parlait hier du Mur de l’argent, dressé pour faire obstacle à notre politique de justice sociale.

Un nouveau Mur des privilèges et de l’argent roi, dressé par ceux qui spéculent au lieu de créer, ceux qui s’exilent au lieu d’être patriotes, ceux qui veulent profiter encore et encore des inégalités qui ont explosé sous la droite dans notre pays.

Et bien je veux être clair : avec Jean-Marc Ayrault, ce nouveau Mur du privilège et de la rente, nous Socialistes nous allons l’abattre car c’est la volonté exprimée par les Français le 6 mai ! Nous allons tenir bon, nous ne cèderons à aucun ultimatum, nous allons tenir le cap, car c’est notre devoir !

Nous ne laisserons pas faire cette droite revancharde qui n’a tiré aucune leçon de sa défaite, qui n’accepte pas le vote souverain du 6 mai !

Cette droite qui essaie d’abîmer nos grandes réformes par ses petites polémiques !

Leur seul projet c’est le sarkozysme en pire !

D’ailleurs ils essaient de faire croire à une « nostalgie Sarkozy », mais de quoi les Français devraient-ils être nostalgiques ? Du yacht de M. Bolloré ou de celui de M. Takkiedine ? Du soutien à Ben Ali ou de la tente de Khadafi plantée dans les palais officiels en plein Paris ? Des interviews dans Minute de Nadine Morano ou des « Auvergnats » de Brice Hortefeux ? Du paquet fiscal ou de la TVA sociale ?

La nostalgie Sarkozy, personne ne l’éprouve, et surtout pas M. Fillon et M. Copé !

Jeudi soir les Français les ont vus dans cet espèce de mauvais match entre à ma droite, très à droite M. Fillon et à ma droite, plus à droite encore, M. Copé.

Bref, un duel de réactionnaires !

J’ai l’impression qu’à chaque fois que M. Fillon fait une proposition, il déchire une page du code du travail : sa dernière trouvaille, rien moins qu’oublier purement et simplement la durée légale du travail !

Quant à M. Copé, M.Fillon est peut être sur le point de lui voler son pain au chocolat mais ce n’est pas une raison pour empoisonner toute la France en jouant avec les peurs, les amalgames et les préjugés, et pour courir se réfugier dans les jupes de Marine Le Pen.

La France n’a pas besoin de division et de haines mais de justice et de fraternité c’est à dire de République.

Finalement, leur seul point commun, c’est la morgue, l’arrogance et le mépris de classe.

Ils sont ulcérés parce que François Hollande a commis à leurs yeux une faute grave : il a osé respecter l’esprit même de la démocratie, il a osé confier les plus hautes responsabilités de l’État à un homme du peuple, un homme droit, un homme ouvert au dialogue, un homme qui vient de la France réelle, exigeant comme le sont les professeurs qui ont bâti la République.

Jean-Marc, la droite t’attaque parce que tu es un honnête homme, un vrai militant qui a la justice sociale chevillée au corps et un grand Premier ministre de gauche. Et bien nous, c’est pour toutes ces raisons que nous te soutenons !

Et je te le dis : tu peux compter sur le soutien de chaque militant du Parti socialiste.

Face à la vieille droite, à la droite d’hier, nous allons bâtir ensemble la gauche de demain. Car c’est aussi cela la question qui nous était posée dans ce congrès : quel est le rôle du Parti socialiste quand la gauche est au pouvoir ?

Le rôle du Parti socialiste est d’être non seulement solidaire et rassemblé, mais aussi inventif et ambitieux pour proposer et innover.

Notre feuille de route est claire : notre Parti doit être le garant des 60 engagements présidentiels mais aussi le moteur du changement dans la société ! L’exigence d’un parti qui soutient sans faille le gouvernement va de pair avec celle de son autonomie, de sa liberté de débat et de proposition. Le Parti sera totalement mobilisé pour soutenir le gouvernement mais il est aussi le lieu du débat pour penser l’avenir et préparer les réformes futures.

C’est dans la crise que les Français nous ont choisis et qu’ils ont élu François Hollande à la Présidence de la République. Le rôle du Parti socialiste est de s’adresser à ceux qui, à cause de la crise, ne croient plus en la France, en notre dynamisme économique, en notre modèle social.

A ces familles qui vivent dans la peur du lendemain, à ces jeunes pour qui l’avenir n’est plus une promesse mais une menace, ces travailleurs pour qui le travail n’est plus un droit mais une angoisse, celle de ne plus en avoir, ces salariés qui courent de temps partiels en emplois précaires sans arriver à boucler les fins de mois, ces retraités qui après une vie de labeur ne savent pas comment payer le fioul pour se chauffer l’hiver.

Le devoir de la gauche, c’est de leur redonner l’espérance, « une espérance lucide, conquise» comme le disait Césaire.

Nous avons la lourde charge de répondre aux impatiences, aux colères parfois.

Nous avons aussi la responsabilité de dire que le changement, contrairement à ce que d’autres ont voulu faire croire dans un passé récent, cela ne va à la vitesse d’un SMS, cela ne se fait pas d’un coup de menton !

Le changement c’est à la fois répondre à l’urgence et préparer de grandes réformes d’avenir et  de progrès pour la société, l’économie et la démocratie.

Pour cela je crois que notre Parti doit proposer des réponses à quatre grandes questions.

1)    Et d’abord, nous devons inventer un nouveau modèle économique pour l’après-crise.

C’est au cœur du nouveau modèle français dont a parlé Jean-Marc Ayrault hier.

Pour cela il y a une urgence, c’est le désendettement car c’est la condition même de notre indépendance économique. Cette dette abyssale elle est l’œuvre de la droite et de ses cadeaux fiscaux irresponsables. Par cet endettement la droite a mis en péril notre souveraineté. Réduire la dette c’est retrouver nos marges de manœuvre pour agir et refuser d’être dans la main des marchés.

Vous me direz, les banques sont parfois étranges : regardez il y a même une banque brésilienne prête à payer des centaines de milliers de dollars à Nicolas Sarkozy pour des conférences sur l’économie ! Sur l’économie !…avec son bilan !…autant jeter directement leur argent par les fenêtres, c’est un placement moins risqué !

Enfin, non, qu’ils le gardent, là bas, loin ! Parce que la dernière fois qu’il a appliqué ses idées en France, cela nous a coûté 600 milliards d’euros ! Et les Français paient encore la facture !

Et c’est pourquoi, nous n’avons aucune leçon à recevoir de la droite : la droite c’est 600 milliards de dettes en 5 ans ; les comptes sociaux plombés; 70 milliards de déficits du commerce extérieur. Et plus d’1 million de chômeurs supplémentaires en 5 ans.

Le rôle du parti socialiste c’est de tout faire pour sortir la France et l’Europe de la crise.

Mais la crise que nous traversons n’est pas une simple crise de conjoncture, c’est une crise de système, celle d’un modèle à bout de souffle, celle d’un capitalisme financier qui creuse les inégalités, qui spécule contre les États, qui épuise les ressources de la planète.

Notre rôle c’est d’inventer le modèle économique, social et écologique de l’après crise.

Et notre objectif premier, c’est l’emploi, l’emploi, l’emploi ! Nous sommes le parti du travail, et nous ne créerons pas d’emplois sans croissance durable, sans innovation, sans formation, sans éducation.

Alors notre priorité, c’est l’Ecole, car c’est la base de tout : de l’égalité et de l’émancipation de chacun, mais aussi du progrès pour toute la société. Oui, nous allons soutenir la priorité budgétaire à l’éducation, engagement de François Hollande, la création de 40 000 postes dès l’an prochain et la refondation de l’Ecole engagée par Vincent Peillon. Le respect de l’Ecole de la République, de ses maîtres, de ses enfants, de ses valeurs, c’est cela la gauche !

Notre priorité, c’est la recherche et l’innovation : non seulement pour préparer la croissance et les emplois de demain mais aussi parce que croyons que la connaissance, l’intelligence, éclairent  la société. Je le dis ici dans cette grande ville de recherche et en pensant au Prix Nobel Serge Haroche qui fait l’éloge de la « curiosité pure » : la recherche fondamentale, le soutien à la science et à l’université, ce n’est pas seulement un atout économique, c’est un acte de civilisation !

La priorité, c’est la réindustrialisation. Car il n’y pas d’économie durable et de relance de l’emploi sans une industrie forte en France. Arnaud Montebourg y met toute son énergie. Et je veux dire notre solidarité la plus totale aux ouvriers de Sanofi, de Pilpa qui se sont exprimés devant notre congrès, mais aussi à ceux de PSA, de Florange, de Technicolor, de Thomson et tant d’autres trahis par la droite et ses mensonges, aujourd’hui avoués par François Fillon lui-même.

La priorité, c’est l’écologie : c’est non seulement la préservation de notre environnement, mais aussi l’émergence de nouvelles façon de produire, de consommer, de bâtir et un formidable gisement d’emplois. L’économie sociale-écologique, c’est répondre aux besoins des hommes et respecter notre environnement. La transition écologique de notre économie permettra la création de centaines de milliers de nouveaux emplois dans les énergies renouvelables, les transports, les logements, l’agriculture durable.

Nous, nous croyons que l’État peut agir en stratège, comme ce fût le cas ici avec Airbus.

C’est pourquoi François Hollande a proposé la création de la Banque publique d’investissement, avec laquelle nous allons disposer d’un outil pour financer des projets ambitieux et accompagner le développement des initiatives prometteuses.

Oui nous voulons soutenir les entrepreneurs de l’économie réelle, les petites et moyennes entreprises, les innovateurs, les créateurs qui veulent travailler et se développer en France plutôt que les fonds financiers qui ne cherchent que profit rapide et rapace.

Nous vivons dans une économie ouverte, nous commerçons avec le monde entier. Mais il n’y a pas de fatalité à accepter une France qui décroche dans une mondialisation sans règle. Nous pouvons être plus forts, plus innovants, plus compétitifs sans nous aligner sur le moins-disant social et la précarité généralisée. Dans la mondialisation, nous ne faisons pas la course vers le bas.

Nous devons à la fois redonner toute sa place, toute sa puissance à notre économie dans le monde, et nous battre pour de nouvelles règles internationales, pour le respect des travailleurs et de l’environnement. Et jouer sur nos atouts et les renforcer, notre niveau de formation, nos infrastructures, nos services publics, notre protection sociale, notre tradition industrielle, nos ingénieurs, nos chercheurs, parce que c’est aussi cela qui est au cœur du nouveau modèle français.

Ce qui est ici en cause, camarades, c’est notre idée du progrès et du rôle de la France et de sa puissance. Les socialistes ne croient pas à la décroissance, ils croient au progrès social et écologique !

Le progrès, c’est croire dans le génie humain. A quelques kilomètres d’ici, dans son discours au lycée d’Albi, Jaurès disait au début du siècle dernier : « on se condamne soi-même à ne pas comprendre l’humanité, si on n’a pas le sens de sa grandeur et le pressentiment de ses destinées incomparables. »

Notre politique économique est en rupture avec les politiques libérales et d’austérité qui ont échoué partout, elle est résolument à gauche, elle fondée sur la justice sociale, la redistribution et assume l’intervention publique, mais je voudrais y insister : notre vision économique est offensive, et non défensive, elle doit permettre à notre économie de retrouver sa force et ses positions dans le monde.

Et c’est pourquoi il ne s’agit pas d’administrer un choc, destructeur, mais d’avoir une stratégie durable pour la compétitivité.

Moi je crois à la volonté politique, au pouvoir du politique sur l’économie. Souvenez vous, il y a une dizaine d’années, quand nous défendions la Taxe Tobin on nous traitait d’utopistes, et aujourd’hui tout le monde sait qu’elle est indispensable !

Le courage politique c’est de réformer avec détermination, mais sans brutaliser, réformer l’État, repenser la solidarité et notre système social pour en assurer l’avenir, pour continuer à concilier efficacité économique et justice sociale et même pour mettre l’efficacité économique au service de la justice sociale.

Au delà du redressement nécessaire qui est engagé nous sommes le parti qui se bat pour la réussite de la France.

Notre peuple a de magnifiques atouts. Notre rêve pour la France, ce n’est plus la France de Dunkerque à Tamanrasset, mais c’est la France qui ne renoncera jamais à être grande et forte dans la mondialisation grâce aux talents de tous ses enfants. La France d’aujourd’hui, elle est l’héritière de Victor Hugo, de Marie Curie comme de Picasso, elle s’écrit avec Marie N’Diaye, elle s’indigne avec Stéphane Hessel, elle rit avec Gad Elmaleh, elle vibre pour Noah et Zidane. Dans la compétition mondiale, nous devons rassembler toutes les énergies, toutes les forces de cette nouvelle France.

Nous allons sortir la France de la crise, inverser la courbe du chômage, mais aucune sortie de crise n’est possible pour notre pays si nous ne sommes pas totalement unis, nous Français, mais aussi nous Européens.

2) La deuxième grande question c’est l’Europe. Dans la compétition mondiale, l’avenir de la France, c’est l’Europe !

Vous le savez, l’Europe est un des grands engagements de ma vie.

Lorsque j’ai rencontré l’ancien président Lula l’an dernier à Paris, il m’a dit que chez lui, au Brésil, comme dans le monde entier, l’Europe était un modèle, une référence historique et politique. Il m’a dit aussi sa grande tristesse de voir l’Europe s’enfoncer dans la crise.

L’Union européenne est la plus grande union démocratique de peuples, de langues et de cultures de toute l’Histoire. Mais elle est en danger, par manque de volonté, par perte de l’esprit européen, par le triomphe des idéologies conservatrices et libérales qui encouragent les replis nationaux et coupent l’Europe de ses peuples en la réduisant à un marché ou à des politiques d’austérité. C’est le bilan de 10 ans de domination des droites en Europe.

Pour moi être socialiste français c’est être socialiste européen et j’assume de vouloir que nous soyons le parti le plus européen de France. Parce que l’Europe ne mérite pas seulement un Prix Nobel de la Paix, elle mérite notre engagement total.

Dans la lignée de Jaurès assassiné à la veille de cette guerre qu’il refusait et qui a embrasé le continent,

de Blum qui a été condamné et interné,

du pionnier Jacques Delors qui nous a enseigné qu’on ne tombe pas amoureux d’un grand marché,

et évidemment de François Mitterrand, qui a refermé avec Helmut Kohl les cicatrices du passé pour réconcilier toute la famille européenne dans un avenir commun.

Je comprends que chacun veuille une autre Europe, oui nous voulons une autre Europe plus sociale, plus démocratique, mais nous n’y parviendrons pas avec moins d’Europe. A ceux qui doutent de l’avenir de l’Europe, qui pensent qu’une autre Europe est impossible, je veux dire cette phrase de René Char : « L’impossible, nous ne l’atteignons pas mais il nous sert de lanterne ».

La solution à la crise elle est européenne et je refuse que la solidarité européenne se fracasse sur les égoïsmes nationaux.

Cette bataille pour une autre Europe nous devons la mener avec les socialistes de toute l’Europe. Et c’est pourquoi j’ai invité à notre congrès Sigmar Gabriel, le président de nos camarades allemands, ainsi que Pier Luigi Bersani, le président des Démocrates italiens.

Avec le Parti socialiste européen, avec les partis frères de toute l’Europe, nous allons massivement appuyer la réorientation lancée par le Président de la République face aux conservateurs.

Nous poursuivrons également, au sein du Parti socialiste, le débat sur nos grands choix européens et je propose que nous organisions une grande convention sur la réorientation démocratique et sociale de l’Europe en y associant les partis socialistes européens et les forces syndicales européennes.

Sur le projet européen, comme sur tant d’autres, notre pays est trop divisé, après dix ans de fractures imposées par la droite, il faut recréer de l’unité nationale.

3) Parce que rien ne sera possible si nous ne restaurons pas l’unité de la République !

Et pourtant on voit se rallumer les vieilles divisions. Moi je refuse le cercle vicieux de cette crise économique qui mine la Nation alors que nous avons plus que jamais besoin d’être unis pour l’affronter et pour sortir le pays de l’ornière.

C’est toujours la même chose, la crise des années 30, la fin des Trente Glorieuses, et aujourd’hui, la tentation de s’en prendre à l’étranger, de céder aux sirènes des démagogues et des marchands de haine.

Ma vie militante a commencé il y a 25 ans par une révolte contre l’injustice et la haine mais surtout contre les divisions qui menaçaient la France. Aujourd’hui, comme à l’époque, je crois que nous avons besoin d’un sursaut républicain.

Nous sommes dans un de ces moments où il faut savoir défendre la République contre l’extrémisme et le racisme. Je l’ai toujours dit : Marine Le Pen ne s’intéresse pas au bulletin de paie des ouvriers, elle ne s’intéresse qu’à leur bulletin de vote.

On nous expliquait qu’elle avait changé, qu’elle était moderne ! Est-elle différente de son père, avec son obsession des arabes et des juifs, lorsqu’elle s’attaque aux « kippas dans la rue » le jour où François Hollande inaugure le mémorial de Drancy ? Ou lorsque ses émules du Bloc Identitaire occupent la Mosquée de Poitiers ?

Face aux adversaires de la République, le devoir de tout parti politique, de droite comme de gauche, est d’être un gardien farouche des valeurs républicaines.

Au lieu de cela, que fait l’UMP ? Elle fait des pétitions contre le droit de vote des étrangers, elle parle de racisme anti-blanc, elle nie les droits des homosexuels… Même Alain Juppé dit qu’à l’UMP, un des clivages importants, c’est de savoir qui est islamophobe et qui ne l’est pas, c’est dire à quel point ils en sont rendus!

La droite allume des querelles absurdes pour jeter les Français les uns contre les autres, ou les jeter contre les étrangers. Ca suffit la droite UMP-FN ! Ca suffit la lepénisation de la droite ! Mais où sont les républicains de droite ? Pourquoi se taisent-ils ?

Je dis à la droite : si vous imitez le Front National, vous trahissez la tradition républicaine de votre propre famille politique, vous trahissez Mandel, vous trahissez De Gaulle, vous trahissez Malraux, vous trahissez même Chirac et tous ceux qui ont défendu la République contre l’extrême droite dans votre propre histoire.

Les choses sont claires, deux spectres hantent le congrès de l’UMP : celui de Patrick Buisson et celui de Marine Le Pen. Oui cette droite est haineuse face à François Hollande mais piteuse devant Marine Le Pen !

Ils appellent cela la droite forte, mais leur droite forte n’est qu’une droite faible face au Front National, et je dirai même : une droite qui a un faible pour le Front National !

Je le dis solennellement : si la droite ne clarifie pas son attitude, il y aura, un jour prochain, des alliances de l’UMP avec le FN, et dans ce mariage contre-nature, la dot de Marine Le Pen sera l’honneur perdu de la droite française !

Je récuse les accusations d’angélisme de cette droite soi-disant décomplexée. Car nous la gauche – et je veux saluer notre ami Jean-Michel Baylet président des Radicaux de gauche – oui nous la gauche nous défendrons la République contre les maux qui la rongent, contre lesquels le sarkozysme avait renoncé, à commencer par la violence et l’insécurité.

Je suis fier que notre Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, soit ferme sur la défense de la sécurité pour tous. La République n’acceptera pas qu’on jette des grenades dans des supermarchés, qu’on assassine des avocats, qu’on tue et qu’on terrorise pour le trafic de drogues.

Nous combattrons aussi l’intégrisme et le communautarisme que la politique sarkozyste a encouragés. Pour nous, la République c’est la laïcité ! Avec nous le prêtre n’aura pas une autorité supérieure à celle de l’instituteur dans la société ! Avec nous le Président n’ira pas mettre genou à terre pour être fait chanoine de Latran ! Avec nous les imams ne remplaceront les éducateurs dans les quartiers !

Avec nous, la République ne se laissera pas intimider ! Oui notre parti doit être à la tête du sursaut républicain ! Je suis fier que notre Ministre de l’Éducation se batte pour redresser ce temple de la République qu’est l’École, affaiblie et méprisée par la droite.

Le message du Parti Socialiste, c’est que la laïcité est un formidable bonheur collectif et que nous ne laisserons jamais le fondamentalisme religieux porter atteinte aux fondements de la République. Nous ne laisserons jamais les communautés remplacer la communauté nationale !

Parce que pour nous, la République c’est l’égalité ! L’égalité, c’est l’étoile polaire de la gauche, c’est l’étoile polaire de la République !

L’égalité entre nos enfants, dont l’avenir ne doit plus dépendre de leur nom, de leur origine ou du lieu où ils sont nés.

Si nous voulons lutter contre le fléau de l’égoïsme, de l’individualisme, du consumérisme, de l’argent facile et de l’argent roi, il n’y a qu’une solution : reconnaître le mérite, rebâtir la méritocratie républicaine en laquelle nos enfants parfois ne croient plus parce qu’elle ne fonctionne plus. Le travail, le mérite, l’effort, ces mots ont été dévoyés par la droite mais ce sont bien des valeurs de gauche face à la rente et à la reproduction sociale !

Il faut aussi l’égalité entre nos territoires, parce qu’aucune société solidaire ne peut accepter les déserts médicaux, l’absence des services publics, de la justice, et parfois tout simplement de l’État.

Mais l’inégalité la plus insupportable, c’est celle qui maintient depuis des siècles une majorité sociale dans la minorité politique, c’est l’inégalité entre les femmes et les hommes !

Il serait temps de s’apercevoir que « République », tout comme « égalité », sont des noms féminins ! Avec le temps de la gauche, c’est le temps de l’égalité pour les femmes qui doit venir maintenant !

Je veux le dire sans détour : les inégalités salariales et de carrière sont indignes d’un pays comme la France !

L’inégalité dans le couple, dans les tâches ménagères, les relents de société patriarcale, les violences faites aux femmes, les atteintes à la liberté de disposer de leur corps, sont indignes d’un pays comme la France !

Et la représentation politique des femmes est indigne d’un pays comme la France !

Nous n’avons plus le droit d’attendre ! Avec 27% de femmes à l’Assemblée nationale, la France se classe au 36e rang mondial, c’est une honte ! Il est inacceptable, 10 ans après la 1ère loi, que des partis puissent encore payer pour se dispenser de réaliser la parité.

Alors je propose une mesure simple, il faut supprimer le financement public aux partis qui ne respectent pas la parité.

Nous Socialistes, nous nous définissons, dans notre Déclaration de principes, comme un parti féministe. Et moi je serai un Premier Secrétaire féministe, qui tiendra nos engagements féministes parce qu’il est temps de joindre les actes à la parole !

Chaque semaine, nos instances se réunissent dans la salle Marie-thérèse Eyquem, du nom de cette grande socialiste qui fut une pionnière du mouvement féministe. Et bien, il faut maintenant que les femmes entrent dans cette salle et dans toutes les autres instances de notre parti autant que les hommes !

C’est pour cela que je me suis engagé à ce que la prochaine direction du Parti Socialiste soit entièrement paritaire. Le Gouvernement l’est déjà. Et Martine l’a dit : nous n’aurons de repos que lorsque l’égalité sera enfin réalisée !

Pour nous, la République c’est, plus largement, l’unité de tous les Français, c’est la fraternité ! Ici, ces dernières années, les Toulousains ont montré une attitude exemplaire : Toulouse, cité meurtrie, a affiché une unité républicaine totale face aux épreuves, un exemple de ce sursaut républicain que j’appelle de mes voeux pour le pays. Je pense bien sûr au drame d’AZF, mais aussi à l’ignominie raciste et terroriste de Merah, et, en ce moment, au combat des Sanofi. Il y a un point commun : cette idée simple, qui est le pilier le plus fondamental de la Nation, que c’est unis et non pas divisés que nous pourrons affronter les crises, les épreuves d’aujourd’hui et les défis de demain. La République, c’est le partage et la solidarité, c’est le goût d’aller ensemble vers l’avenir.

La République c’est notre capacité à assumer et surmonter notre histoire ! Je suis fier d’un Président qui, à Dakar comme à propos de la répression du 17 octobre, sait regarder l’histoire en face, sans repentance mais avec lucidité, pour réconcilier les Français avec leur passé. Notre devoir, c’est la réconciliation d’une société que la droite a fracturée pendant trop longtemps, et que la crise a mise sous tension.

Pour surmonter cette crise économique autant que démocratique, il faut associer chaque Français au changement. Il faut redonner la parole au peuple. Le « peuple », ce n’est pas un gros mot, servir le peuple doit être l’unique boussole de la gauche. On ne changera pas ce pays sans le peuple et encore moins contre lui. Il faut écouter ses représentants, revaloriser le Parlement, je sais que François Rebsamen et Bruno Leroux y veilleront et en seront garant. Il faut entendre les élus locaux et réussir le nouvel acte de la décentralisation.

Surtout, François Hollande, avant même le début de sa campagne présidentielle, a ouvert un dialogue avec la société. C’est ce dialogue entre la gauche et les Français  que le Parti socialiste doit faire vivre.

4) Oui, pour une nouvelle économie, une nouvelle Europe, une nouvelle République, nous allons devoir bâtir un nouveau parti socialiste.

Je crois, pour citer François Hollande au congrès de Brest, que le parti n’est entre de bonnes mains que lorsqu’il est entre les mains de ses militants. Et j’ajouterai : lorsqu’il est totalement ouvert aux Français.

Oui, ensemble nous avons réussi les Primaires citoyennes, cette révolution démocratique qui a bousculé la vie politique. C’est ensemble que nous bâtirons le Parti socialiste de l’avenir. Nous pouvons bâtir le parti le plus ouvert, le plus moderne, le plus démocratique. Nous devons partager avec les Français le pouvoir que la droite avait confisqué !

On entend partout s’élever l’aspiration à plus de démocratie, depuis les indignés de la Puerta del Sol, jusqu’aux révolutions arabes, qui ont inspiré la jeunesse au Québec comme à Wall Street. Ce serait une funeste erreur de croire que nos concitoyens, notre jeunesse, notre pays, ne partagent pas cette profonde envie de renouveau démocratique.

A tous ceux qui prédisent ou qui redoutent un parti-godillot, je dis : vous allez être surpris !

Voilà mon message dans ce congrès : Socialistes, ouvrez grandes les portes du parti, occupez Solférino et invitez y les Français ! Prenez le pouvoir ! Ce parti c’est le vôtre ! Ouvrez le Parti socialiste à tous ceux qui devraient déjà être parmi nous ! Il faut dire à tous les Français : rejoignez nous !

Rejoignez-nous, vous les ouvriers, les salariés, qui pensez comme nous qu’il faut mettre l’économie au service de l’humain et non l’inverse !

Rejoignez-nous, vous les créateurs, les inventeurs qui ne supportez plus de voir la finance étouffer l’esprit d’entreprise.

Rejoignez-nous vous qui savez que la culture n’est pas un supplément d’âme mais qu’elle est au contraire la respiration-même de nos sociétés modernes !

Rejoignez-nous, vous les artisans, les pêcheurs, les paysans qui êtes l’âme de ce pays et que la droite a abandonnés !

Et rejoignez-nous, vous les jeunes, jeunes des quartiers comme de la campagne, pour que votre avenir ne se décide plus sans vous ni contre vous !

Rejoignez nous vous qui voulez préparer l’avenir de notre pays dans la justice sociale, les valeurs de la République, l’égalité pour tous les enfants, la solidarité européenne !

Le Parti Socialiste doit être le parti de tous ceux qui veulent changer les choses, qui ne se résignent pas au monde tel qu’il est. Partout où des Français se battent pour la justice, pour l’égalité, pour le progrès social, là, notre Parti doit être présent à leurs côtés.

Je veux un Parti riche de toute la diversité de la société et un parti fort pour porter nos valeurs républicaines, sociales, écologiques, féministes, européennes, internationalistes. Il ne faut pas sous-estimer, en cette période de perte de repères, le rôle de boussole que le Parti socialiste doit jouer dans la société.

Oui la gauche doit vraiment être la gauche, assumer les réformes et ne rien céder sur les valeurs. Je veux reprendre le mot de mon ami Bertrand Delanoë il y a quelques jours : parfois nous échouerons mais nous n’avons pas le droit de ne pas essayer !

Menons la bataille des valeurs, prenez toutes les vieilles bastilles idéologiques de la droite !

Il faut dire aux Français : la gauche est là ! L’impuissance de l’État face à la casse industrielle, c’est fini ! La casse de l’Ecole c’est fini ! L’insécurité et l’impunité pour les voyous c’est fini ! Les atteintes à la laïcité, tout comme les discriminations qui rongent la République, c’est fini !

Il faut être fermes sur nos valeurs : oui nous ouvrirons le mariage et l’adoption à tous les couples ! Assez de l’homophobie décomplexée de la droite, de ces maires qui prétendent ne pas respecter la loi, mais qu’est ce que ça veut dire ?! Ce n’est pas parce que M. Copé et M. Fillon ne s’aiment pas qu’ils doivent empêcher ceux qui s’aiment de se marier !

Oui nous donnerons le droit de vote aux étrangers aux élections locales ! C’est une promesse qui a attendu trop longtemps d’être tenue. C’est une question de dignité républicaine, d’égalité et de fraternité !

Oui, nous ferons la loi sur le non-cumul des mandats, parce que c’est indispensable à la parité et à la diversité sociale ! Au sein du parti, les militants ont voté, je veux qu’on les respecte et je demande à chaque parlementaire de respecter la parole donnée !

Je dis à nos élus : soyez des pionniers, soyez exemplaires ! C’est une tradition dans ce parti d’avoir un temps d’avance démocratique depuis Blum au congrès de Tours jusqu’aux Primaires, en passant par la République moderne de Mendès ou encore  la démocratie participative avec Ségolène Royale en 2006.

Le Parti Socialiste doit être capable d’anticiper le monde de demain pour le changer ! Le Parti doit être un laboratoire d’idée pour inventer l’avenir.

Avec de grandes conventions participatives et des consultations militantes sur les grandes questions politiques :

– sur la transition écologique et la croissance et nous créerons, comme l’a dit Delphine Batho, un nouvel espace d’élaboration et d’engagement pour faire un Parti Socialiste écologie ;

– sur la démocratie sociale et les pouvoirs des travailleurs dans l‘entreprise ;

– sur l’Europe et sa réorientation sociale en y associant les partis socialistes européens et les forces syndicales européennes.

Chaque question de la société doit être une question pour le Parti socialiste !

Préparons la bataille des idées face à la berlusconisation et à la lepénisation de la droite. L’heure du repos n’est pas venu, au contraire ! Je veux que le Parti socialiste enrichisse ses réflexions de celles des think tanks comme Terra nova, la Fondation Jean Jaurès et notre laboratoire des idées.

Et pour ce Parti socialiste de l’avenir, l’unité des socialistes et l’unité de la gauche seront toujours des priorités absolues.

Au cœur de la majorité, nous agirons pour le rassemblement de la gauche et des écologistes en particulier pour les scrutins de 2014 et 2015, pour lesquels j’ai avancé la proposition de primaires locales.

Notre gauche, nous pouvons en être fier, il faut l’aider, la soutenir. Je dis à nos amis, notamment les plus exigeants : la gauche il ne faut pas seulement la soutenir au Vénézuéla, il faut aussi la défendre ici en France !

Lourde sera la responsabilité de ceux qui retarderont le changement parce que le devoir de tout militant de progrès dans ce pays, c’est de faire réussir la gauche aux responsabilités, de donner un nouvel espoir à la France et de donner deux quinquennats à ce Président de la République !

 

Chers amis,

Les militants socialistes, comme les Français, me connaissent : mon parcours est celui d’un enfant de la banlieue qui s’est battu pour l’égalité et la fraternité entre les enfants de notre pays. Mon attachement à la République, mes combats altermondialistes, mon engagement européen, je les ai partagés, tout au long de ces dernières années, avec vous les militants du Parti socialiste.

Je me souviens que la dernière fois que nous avons tenu un congrès sous un Président socialiste, en 1994, j’étais allé, en militant heureux et fier, regarder notre Président François Mitterrand rendre hommage aux mineurs de Liévin.

Aujourd’hui, c’est toujours en tant que militant parmi les militants que je veux vous dire : soyez vous aussi plus que jamais fiers d’être Socialistes. Soyons fiers de soutenir François Hollande, ce Président socialiste qui se bat sur tous les fronts pour la France : à l’ONU à New York pour nos valeurs universalistes, à Paris pour l’emploi, à Berlin et Bruxelles pour la réorientation de l’Europe.

Soyons fiers d’être le parti du changement, affichons notre patriotisme de parti pour mobiliser les Français avec nous. Ensemble nous allons continuer à changer notre parti pour changer notre pays !

Je repense à cette phrase de François Mitterrand, passant le témoin à Lionel Jospin : « La tâche est rude, je peux le dire, mais elle est en même temps exaltante : porter l’espoir et le combat des Socialistes, c’est la justification d’une vie ».

Je ne suis pas ici le seul héritier de mes illustres prédécesseurs, nous sommes tous porteurs d’un idéal auquel tant de générations, tant d’hommes et de femmes ont consacré leurs vies, dans la longue chaîne humaine du progrès !

Je suis fier d’être votre Premier Secrétaire,  et je n’ai qu’une chose à vous dire :

Vive les militants du grand Parti socialiste !

Vive la République

Et vive la France !

 

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