Les socialistes ligériens rendent hommage à François Mitterrand

Samedi dernier, partout en France, les Socialistes ont rendu hommage à François Mitterrand, à l’occasion du 15ème anniversaire de sa mort. Dans la Loire, deux cérémonies ont eu lieu. A Saint-Priest-en-Jarez, tout d’abord, la Fédération de la Loire du Parti Socialistes a organisé une cérémonie de dépôt de gerbe devant l’avenue François Mitterrand, avant que militants, sympathisants et citoyens attachés à la mémoire de François Mitterrand se retrouvent au Cercle du Prolétaire pour honorer la mémoire du défunt Président autour d’un verre de l’amitié. Dans un second temps, la section PS de Firminy-Fraisses-Unieux a profité de la présentation de ses vœux pour rendre elle aussi hommage à François Mitterrand, salle François Mitterrand, rue Gambetta.

Vous trouverez ci-dessous le discours que j’ai prononcé à l’occasion de la cérémonie de dépôt de gerbe à Saint-Priest-en-Jarez.

Mes chers ami(e)s, mes cher(e)s camarades,

Il y a quinze ans de cela, le 8 janvier 1996, François Mitterrand, nous quittait.

L’année 2011 marque le 15ème anniversaire de sa disparition, mais aussi le 30ème anniversaire de son élection à la Présidence de la République, le 10 mai 1981. Le 10 mai 2011, dans la Loire, nous célèbrerons cette date historique pour la gauche à l’occasion, notamment, d’une grande soirée festive et conviviale.

Au moment même où notre Première Secrétaire, Martine Aubry et les dirigeants nationaux du PS commémore à Jarnac ce 15e anniversaire de la disparition de François Mitterrand, nous sommes rassemblés ce matin à Saint-Priest-en-Jarez, pour nous souvenir d’un homme au destin hors du commun, exceptionnel, le seul à gauche, à avoir gagné une élection présidentielle par deux fois sous la 5e République.

Durant 10 années, ses deux mandats présidentiels entrecoupés des périodes de cohabitation, ont été marqués par l’action volontaire des gouvernements de gauche.

Au cours des années 80, dans une mondialisation libérale naissante, dominée par les figures de Margareth Thatcher et de Ronald Reagan, la gauche française, avec François Mitterrand, a fait plus que résister :

– En France, le nom de François Mitterrand reste associer à de grandes conquêtes sociales qui ont « changer la vie » de nos concitoyens : retraite à 60 ans, réduction du temps de travail à 39 heures, 5ème semaine de congés payés, impôt sur les grandes fortunes, RMI, lois Quillot pour les locataires, lois Auroux dans les entreprises… (Jean Auroux dont je rappelle qu’il a été l’un des quatre ministres ligériens de gauche de François Mitterrand avec Michel Durafour, Huguette Bouchardeau et Charles Fiterman.)

Le nom de François Mitterrand reste associé à de grandes avancées pour les libertés publiques et notre société : les 1ères lois de décentralisation, l’abolition de la peine de mort, la dépénalisation de l’homosexualité, la libération des ondes, la paix en Nouvelle Calédonie, sans oublier une grande politique de la culture, de l’éducation et de la recherche.

Autant de mesures fortes que venait accompagner un volontarisme de gauche qui ne craignait pas que le politique décide en économie. Autant d’acquis de notre pacte social et républicain que le pouvoir Sarkozyste s’acharne aujourd’hui à réduire à néant.

Pour l’Europe, François Mitterrand défendait l’idée d’un continent solidaire, loin de la mise en concurrence exacerbée qui met les peuples européens en compétition.

– Dans le Monde, la France était grandie, à l’image de l’idée que se faisait François Mitterrand de son histoire, de son rôle, de notre République. Nous sommes les héritiers de son combat pour la Paix et la réconciliation des peuples. François Mitterrand incarnait la France avec dignité.

Quoi qu’on en dise, et il y a des critiques justes et constructives sur le bilan de François Mitterrand, et son parcours, nous restons, avec les Français, fiers de ce Président là, qui sut rester le gardien intransigeant des valeurs humanistes fondamentales de 1789, fidèle à notre devise Républicaine : liberté, égalité, fraternité, mais aussi laïcité.

François Mitterrand, l’homme de la reconstruction du Nouveau Parti Socialiste en 1971, fut un grand Premier Secrétaire. Un homme qui sut, le 10 mai 1981, faire gagner la gauche grâce à deux principes simples : l’unité des socialistes et le rassemblement de la gauche.

Deux enseignements stratégiques qui restent d’actualité pour notre parti au moment où nous préparons l’échéance présidentielle de 2012 et où nous devrons avoir en tête une autre leçon politique que nous lègue François Mitterrand : pour les élections, il faut gagner un 1er tour avant le second.

A titre personnel, j’évoquerai à propos de François Mitterrand deux moments forts qui ont marqué mon propre parcours politique :

–         tout d’abord, la première fois que j’ai aperçu François Mitterrand en chair et en os, il s’agissait d’un rassemblement à Saint-Pierre-de-la-Réunion le 21 février 1988, à l’occasion de sa campagne électorale pour un second mandat présidentiel : c’est un moment, même fugace, qui a beaucoup compter dans mon engagement politique au PS.

–         le second moment, c’est la date du 8 janvier 1996, un lundi matin, c’était mon premier jour de prise de fonction en tant que président national du Mouvement des Jeunes Socialistes, j’ai compris en arrivant au siège de Solférino, et en apercevant une forêt de caméras et de journalistes que cette première journée ne serait pas comme les autres. Pendant deux jours nous avons préparé le rassemblement populaire d’hommage place de la Bastille, le 10 janvier, il pleuvait légèrement. Et puis, ce qui restera gravé dans ma mémoire, c’est bien entendu, les funérailles nationales de François Mitterrand le 11 janvier 1996 en la cathédrale Notre-Dame auxquelles j’ai eu la chance d’assister avec les membres de la direction du Parti Socialiste et une soixantaine de chefs d’Etat.

Aujourd’hui, à Saint-Priest-en-Jarez, où nous avons collectivement une pensée pour Claude Chaboissier, ancien maire de Saint-Priest, disparu en 2007, nous nous souvenons de François Mitterrand, l’homme de justice, de l’homme de courage et du visionnaire politique. Je vous laisse méditer, pour conclure, l’une de ses leçons de vie que nous livre François Mitterrand dans son ouvrage « L’abeille et l’architecte », écrit en 1978 :

« Dans les épreuves décisives, on ne franchit correctement l’obstacle que de face ».

Je vous remercie.

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